Voilà, c’est un homme qui lave une vitre. Une vitrine plutôt, grand modèle. C’est Claude. Corps d’arbalète, grosse pêche. Il enduit, il applique, il imprègne, il nettoie, il racle, il se vautre, il épuise, s’épuise, sèche, s’assèche, va au bout de la propreté, de la transparence, comme si, à l’intérieur de lui-même quelque chose voulait devenir aussi radical et prodigieux que le passage de la lumière.

En vérité, c’est peut-être son âme qu’il lave. Ou bien, il fait de la place pour quelque chose.Va savoir. Et parce qu’il y engage toute son énergie, le voilà bientôt profondément libre, au bord des choses et du monde, en déséquilibre parfait, disponible quoi, et naturellement connecté avec l’un des plus grands mystères de la constitution humaine : la part féminine. Aucun homme n’est complet sans cette part là et Claude le sait depuis l’invention de la vitre par un procédé de fusion à haute température.

Dès lors, Claude n’aura de cesse d’exalter sa part féminine (sa PF).  Il sent qu’il tient le bon bout de lui-même : ce qu’il ne sera jamais. Grosse magie collée aux fesses, il décolle. Il ne s’est jamais senti aussi vaste. Il possède à présent deux sexes et s’accouple dans la rue avec des poèmes. On pourrait le prendre pour un ange. Ses enfants sont des rires. Il est le père du trottoir, le fils du réverbère, l’amant de tes ailes.

Dossier :
be Claude
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Photos du spectacle :
Furies : photos par Hubert Lapinte
Les Invites: photos par Denis Couvet
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Vidéo du spectacle :
Extraits du spectacle à Paris avec Onze Bouge
Extraits du spectacle à Aubagne avec Lieux publicsVidéo et Texte par Zoom la Rue
Articles: Cliquez ici pour lire un article instructif et délirant sur Be Claude et la question du genre, apparu dans cliclarue
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Voici une critique de Be Claude apparue dans le journal La Montagne:
Avec Be Claude, solo virtuose interprété par Pierre Pilatte, l’on se dit que l’homme est finalement une femme comme les autres… eu égard à quelques vicissitudes rencontrées au passage! Pour la première à Calvi­net de ce funambule et son personnage haut en couleurs, le public a sim­plement été emporté comme une lame. Avec générosité, patience, éner­gie et une inventivité in­tacte tout le spectacle du­rant. L’artiste a du talent, c’est indéniable, un sa­voir ­faire toujours renou­velé qu’il livre à hauteur d’homme. Même s’il est ici éminemment question de féminité.
Nos fragiles identités. Pierre Pilatte aime à se jouer des contradictions, à déjouer l’orthodoxie des genres. À condition de ne pas violenter son public, qu’il saisit par le bras, un sourire en prime et quel­ques embrassades pour l’amener, sans crier gare, sur des sentes plus abrup­tes. Car avec Be Claude, il fondamentalement ques­tion de l’humain. De sa fragilité, de ses doutes, du regard des autres, aussi. Tout débute d’ailleurs dans les reflets incertains d’une vitrine de boulange­rie, que le personnage lave, comme pour mieux y saisir son propre reflet. Claude sonde son identité masculine qui vacille, chancelle au fil d’une in­trigante déambulation dans le village, jusqu’à s’affirmer dans la liesse sur le versant féminin. Pierre Pilatte déroule sous les regards ébahis un pan de vie, use de la danse pour dire le corps et son hors­ champ. Si les mala­dresses multipliées le ren­dent attachant et compo­sent un riche portrait, elles permettent aussi ­ et peut ­être surtout ­ à cet artiste aux mille visages de faire de temps en temps tomber d’un degré les sourires. Frère humain qui s’essaie à marcher avec ses escarpins de femme en délaissant ses baskets run­ning fluo, Claude grave distille également en con­tre­point ses parts d’om­bre qui sont autant d’as­pérités, de témoignages juchés, comme le talent, sur de hauts talons. Un spectacle qui, comme son personnage aphone, se passe tout simplement de mots!■ Julien Bachelleri


  • Avec Pierre Pilatte. Mise en scène : Sophie  Borthwick. Textes : Jean Cagnard. Composition sonore : Erwan Quintin. Costumes : Sharon Gilham
  • Production : Claire Joyaux. ©graphisme : L’Artistik Kommando. ©photo : Clément Puig. Merci à Monica Muntaner, Alexandre Théry, Isabelle Antoine, Hélène Rocheteau.

Production : 1 Watt

Résidences et coproductions :
Culture Commune, Scène Nationale du Bassin Minier à Loos en Gohelle
Pronomade(s), CNAR en Haute Garonne
La Paperie, Chez Jo Bithume, CNAR à Saint Barthélémy d’Anjou
La coopérative 2r2c à Paris
Le Lieu Noir à Sète
L’Atelline à Villeneuve lès Maguelone
Furies à Châlons en Champagne
Le Citron Jaune, CNAR à Port‐Saint‐Louis‐du‐Rhône

Soutiens à la production :
SACD – Bourse « Auteurs d’Espace »
DGCA/Ministère de la Culture et de la Communication
Région Languedoc Roussillon
« Be Claude » est soutenu par Réseau en Scène et la Diagonale.
La Compagnie 1 Watt est soutenue par le Conseil Général du Gard.